Trois mots tout simples. Une question. Debout devant moi, dans toute sa beauté, il me l'avait posée. Après tout, c'était la seule chose qui comptait.
-Oui, répondis d'une voix étranglée. Mais...
Je fis demi-tour et m'enfuis.
Comment pouvais-je aimer un homme que je connaissais pas ?
Mais si, je le connaissais. Je le connaissais depuis le début du monde, depuis sa formation. Du moins, c'était ce que je ressentais. Je le connais mieux que je ne connaissais Ménélas, mieux que je ne connaissais Clytemnestre, mieux, en vérité, que je ne me connaissais moi-même.
Et pourtant je ne le connaissais pas vraiment. Ou seulement à travers Aphrodite. Cela me permettait-il de savoir la vérité sur lui ? >>
[...]
<< J'appuie mes mains sur mes tempes. Ménélas, mort. Oui. C'est bien cela. Les aveux qu'il m'a faits, ses implorations - C'est une seule et même chose. Je lui pardonne. Cela s'est passé il y a si longtemps. Et Pâris... "Notre histoire deviendra une ballade pour ceux qui ne sont pas encore nés" lui avais-je dit. Quelle jeune folle j'étais ! Il a disparu. Il n'est nulle part dans mon rêve - je sais maintenant que ce n'était qu'un rêve. Pâris et moi ne sommes plus.
Peu importe. Le rêve m'a montré le chemin. Je retournerai Troie après les funérailles, une fois que tout sera réglé à Sparte. Même vide même détruite, je dois voir Troie une dernière fois. C'est là que j'ai vécu, pleinement, intensément. C'est là qu'Hélène, née elle-même, est devenue Hélène de Troie. >>
